La croissance économique de l’Inde : entre espoirs et déceptions

L’économie indienne a fait l’objet de nombreuses discussions au cours des deux dernières décennies, et il y a quelques désaccords sur la période qui devrait être considérée comme la décennie perdue. Cependant, il est indéniable que la croissance économique de l’Inde entre 2003 et 2008-09 a été assez solide, grâce aux réformes telles que la privatisation et les investissements dans la construction d’autoroutes comme le quadrilatère d’or. Ces idées d’envergure étaient déjà en cours ou en développement depuis le début des années 2000, et leurs effets ont été visibles dans les chiffres de croissance de l’Inde à partir de 2003.

Cependant, il est important de réfléchir aux décisions prises au milieu des années 2000, compte tenu de la performance économique médiocre de la fin des années 2000 et du début des années 2010. La période de 2004-05 à 2009-10 est généralement considérée comme une période de forte croissance, mais le gouvernement de l’époque a dû admettre devant le Parlement qu’il n’y avait eu qu’une augmentation de 0,3% de l’emploi total entre 2004-05 et 2009-10. Cette croissance a donc été qualifiée de “croissance sans emploi”. Malheureusement, la question de la création d’emplois pendant ces années de forte croissance est souvent ignorée dans les comparaisons de croissance entre les deux périodes.

Le manque de création d’emplois, combiné à l’absence de réformes significatives, a conduit à une situation où les décideurs économiques ont peut-être considéré la croissance comme acquise. Il est vrai que les défis auxquels l’économie indienne était confrontée étaient reconnus, notamment par le vice-président de la Commission de planification de l’époque, qui a admis candidement les lacunes flagrantes dans le développement économique de l’Inde, notamment en termes d’infrastructures.

En 2008, des réformes supplémentaires étaient promises dans le cadre de la continuité politique, mais une série d’erreurs a suivi. Le gouvernement avait surestimé l’économie en maintenant un déficit budgétaire plus important que d’habitude. Cette croissance économique élevée était considérée comme acquise, ce qui a entraîné une euphorie irrationnelle, en particulier dans le financement bancaire lié aux secteurs fortement exposés aux matières premières. Les normes prudentielles ont été négligées, car des prêts bancaires ont été accordés pour des projets fondamentalement non viables en raison de “certaines” pressions. Les retards dans l’obtention des autorisations environnementales ont entraîné des dépassements de coûts importants pour plusieurs projets d’infrastructures majeurs. Tout cela a été aggravé par des accusations de corruption, avec des audits mettant souvent en évidence des traitements préférentiels dans l’attribution de ressources nationales, entraînant une perte pour le Trésor.

Au final, le secteur privé indien n’avait ni la capacité ni l’appétit pour investir, et il n’avait pas non plus confiance dans l’avenir économique de l’Inde. Le manque de clarté des politiques et la paralysie politique ont même rendu les investisseurs étrangers sceptiques quant à l’histoire de l’Inde au début des années 2010. De plus, le secteur des entreprises était sous pression en raison du stress financier lié aux projets. Les conditions de crédit se sont donc rapidement resserrées, alors que la Réserve fédérale indienne augmentait déjà les taux d’intérêt. La dynamique des années de forte croissance s’est peu à peu transformée en pessimisme quant aux perspectives économiques immédiates de l’Inde.

Il est également important de souligner que les chiffres fiscaux de l’Inde sont devenus moins transparents à cette époque, car il y avait une tentative délibérée de dissimuler l’ampleur du déficit budgétaire. De nombreux programmes de subventions entraînaient des fuites et une efficacité réduite des dépenses. Cela a conduit à des déficits jumeaux prolongés, affaiblissant la monnaie indienne et entraînant son inclusion dans le groupe des “Cinq Fragiles” (Turquie, Brésil, Inde, Afrique du Sud et Indonésie) en 2013.

Il est dommage de ne pas pouvoir observer ce qui se serait passé si l’Inde avait poursuivi les réformes entre 2004 et 2013. Cependant, nous pouvons comparer la croissance économique de l’Inde avec celle des autres pays membres du groupe des “Cinq Fragiles” depuis 2013. Parmi ces cinq économies, le Brésil et l’Afrique du Sud ont vu leur PIB par habitant diminuer, tandis que l’Inde a enregistré la plus forte croissance de son PIB par habitant parmi les autres pays, avec un taux de croissance annuel supérieur d’un point de pourcentage à celui de l’Indonésie et de la Turquie.

Section FAQ :

Q: Quelle période est considérée comme la décennie perdue en Inde ?
R: Il y a des désaccords sur la période exacte, mais la décennie perdue est généralement référée à la période de fin des années 2000 et du début des années 2010.

Q: Quelles réformes ont contribué à la croissance économique de l’Inde entre 2003 et 2008-09 ?
R: Des réformes telles que la privatisation et les investissements dans la construction d’autoroutes, comme le quadrilatère d’or, ont contribué à la croissance économique de l’Inde entre 2003 et 2008-09.

Q: Qu’est-ce que la “croissance sans emploi” ?
R: La “croissance sans emploi” fait référence à la période de forte croissance économique en Inde entre 2004-05 et 2009-10, où il y a eu très peu d’augmentation de l’emploi total.

Q: Pourquoi la création d’emplois a-t-elle été négligée pendant les années de forte croissance en Inde ?
R: La création d’emplois a été négligée pendant les années de forte croissance en raison du manque de réformes significatives et de la confiance excessive des décideurs économiques dans la croissance économique.

Q: Quels ont été les défis économiques auxquels l’Inde était confrontée ?
R: L’Inde était confrontée à des défis économiques tels que l’absence d’infrastructures adéquates et le manque de clarté des politiques.

Q: Quels sont les pays membres du groupe des “Cinq Fragiles” ?
R: Les pays membres du groupe des “Cinq Fragiles” sont la Turquie, le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud et l’Indonésie.

Definitions:
– PIB : Produit Intérieur Brut. C’est une mesure de la valeur totale des biens et services produits dans un pays sur une période donnée.
– Déficit budgétaire : Situation où les dépenses d’un gouvernement sont supérieures à ses revenus.
– Normes prudentielles : Règles et directives régissant la gestion et la réglementation des institutions financières pour assurer leur stabilité et leur sécurité.
– Subventions : Argent donné par le gouvernement pour soutenir une activité économique spécifique.

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